
Tourné en 1999, le film met en scène la vie d'Andy Kaufman, un humoriste américain prêt à tout pour devenir célèbre mais qui une fois devenu connu dépense la même énergie pour détruire son oeuvre. A propos d'un homme inclassable, atypique, Forman signe un film d'une mise en scène classique pour souligner le génie comique d'un homme terriblement incompris. Voici un plaidoyer en faveur d'une réédition en Blue-Ray, DVD d'un film cher à mon coeur.
Amis de toujours, d'un soir et je ne sais d'où, fans de la première heure, admirateurs éperdus d'amour, voisins alcooliques, parents, professeurs de Aikido, coureurs du dimanche, cancéreux onéreux, suicidaires indécis, lecteurs et lectrices ennuyés, mes amis, ma mère, mes frères et mes soeurs.... Oh, OH, c'est le bonheur! Me baladant sur les Champs Elysées, un matin cabossé où je devais travailler, je me suis rappelé.
Je me suis rappelé une scène merveilleuse où l'enterrement d'un homme si passionné par l'humour a laissé à sa famille l'arrière goût d'une mauvaise blague. Ce souvenir épanchait ma tête encore trop agitée de mon sommeil. Tandis que j'arrivai à une F.N.A.C bien trop terne, je cherchai le titre de ce film...
Et je me suis rappelé : Kaufman!
Jim Carrey, Milos Forman! "Man on the Moon bien sur mais que je suis con!!!!" me dis-je dans une colère à peine retenue qui n'était pas sans terroriser une petite décérébrée en goguette d'une seizième surannée. Réveillé de ma torpeur encore une fois par moi-même, mes pieds se sont mis à courir, ma langue à s'agiter, mes mains immobiles voulurent participer et me voilà devenu une bête quadrupède hurlant ces cinq mots dans la fraîcheur matinale tel le Jack Russel du Mask pris d'une frénésie compulsive que seul le système capitaliste peut créer.
IL ME FAUT CE DVD!!!
J'étais devenu fou! Un malade, un psychopate, un possible candidat pour une télé-réalité. J'entrai donc la bouche écumante de bave dans le sacro-saint temple de la consommation. Arrivé devant un porteur de jaquette estampillé enfant de coeur de la secte de la F.N.A.C, je lui fis part de mon envie: Il me répondit qu'à Pigalle, certaines offraient ce genre de service avec un burger gratuit. Comprenant que mes grognements était vain, j'entrepris d'articuler proprement mes mots. A la formulation de ma requête, le vendeur devînt blême. L'oeil étonné, je lui ordonna formellement de s'exprimer à ce sujet, il m'avoua dès lors à voix basse: "L'édition n'a pas été renouvelée"..
Consternation! Tristesse! MORT!!! De ces trois mots dans l'ordre, mon coeur en fit l'expérience! J'enrageai, je détruisis, je bafouai les montres et les bouquins de Beigbeder, je me torchai avec les DVD de Guillaume Canet quand la sécurité est intervenue.
Ah! En vérité, je vous le dis! Pour trouver de la villageoise à Franprix, il y a du monde. Par contre, pour du Saint Emilion 75, il n'y a plus personne.
Ecrit par Manemos



